Presse

L'ébéniste peaufine son vélo en bois pour le Tour de France

 

 

Ébéniste d'art, Bernard Joslin est aussi un fou de vélo. À la retraite depuis huit ans, il parcourt en moyenne 15.000 km par an avec ses potes du club de Quéven.

 

Ce sont eux qui lui ont lancé un défi : réaliser un vélo en bois pour l'étape lorientaise du Tour de France. 

« Quand ils ont vu la petite table en merisier que je venais de faire, ils m'ont suggéré de faire un vélo en bois... », raconte Bernard Joslin. Le retraité quévenois, qui n'est pas à un défi près, a aussitôt dit banco à ses copains du club cyclo de Quéven avec lesquels il s'entraîne deux à trois fois par semaine. Depuis le mois de novembre, notre ébéniste d'art passe une bonne partie de ses journées dans son atelier au fond du jardin de sa maison, pour réaliser une réplique, grandeur nature, de son vélo de course, un Specialized, de type Tarmac (modèle 2013). Mais pas question de se lancer à bride abattue dans l'aventure. Après avoir pris les cotes et dimensions de chacune des pièces du vélo, il les a dessinées les unes après les autres avant de sortir rabots, ciseaux et scies.

Un cadre en acajou


Pour le cadre, exit le carbone de son « Tarmac » auquel il a préféré l'acajou et pour le reste, il a privilégié le merisier, wengué et palissandre, « pour essayer d'avoir un équilibre », souligne le Quévenois, particulièrement fier du résultat. « Il n'y a pas de roulement, tout fonctionne librement et tout est en bois à l'exception des câbles de frein qui sont en coton tressé et la guideline qui sera en cuir, faute de n'avoir pas réussi à la faire en bois », explique l'amoureux de la petite reine.

 

 D'ailleurs, c'est bien cette passion mariée à celle du travail du bois qui l'a poussé à prendre au mot ses copains puisqu'ils ont en tête d'exposer son prototype, à l'occasion de l'étape du Tour de France du 11 juillet. Une demande a d'ores et déjà été adressée en ce sens, à l'organisation du Tour.

Près de 1.000 heures de travail


D'ici là, il lui reste encore plusieurs dizaines d'heures de travail pour peaufiner le deux roues, à commencer le petit dérailleur qu'il est en train de terminer. Après, il lui faudra s'attaquer au bidon, aux finitions et au vernis. Au total, le Quévenois pense qu'il aura passé entre 700 et 1.000 heures sur son « oeuvre d'art ». « Je pourrais rouler un peu avec, mais ce n'est pas le but », affirme-t-il, ajoutant que son plaisir est avant tout, « de travailler le bois à l'ancienne ». Un travail d'orfèvre qui avait déjà, par le passé, été reconnu puisqu'il avait décroché le titre de « meilleur ouvrier de France », en ébénisterie, en 1994, pour un secrétaire debout en bois d'ébène de sept tiroirs (plus un tiroir caché !) et qui a l'originalité de s'ouvrir en parapluie. Ébéniste d'art à son compte pendant près de 20 ans à Saint-Mathurin, à Ploemeur, sa passion du bois l'avait conduit dans les années 1990, jusqu'aux palais d'Hassan II, à Casablanca, où il a participé à la réalisation du mobilier royal.

Rechercher

Les circuits du dimanche

Connexion